Qu'est-ce que l'OCRA ?

L’association OCRA, Organisation pour la Connaissance et la Restauration d’Au-dessoubs-terre a déposé ses statuts fin 1992. Elle est née du désir de passionnés des carrières et autres espaces souterrains de préserver des dégradations un patrimoine historique et industriel méconnu.
Selon l’article 2 de ses statuts, elle « a pour but d’étudier les cavités souterraines, naturelles ou artificielles, nationales ou internationales, afin d’acquérir les connaissances nécessaires à une restauration adéquate de ces différents lieux. Elle veillera également à sauvegarder les cavités de toutes dégradations, en effectuant entre autres des opérations d’information auprès des adhérents et des personnes intéressées. Ses résultats sont susceptibles d’être communiqués aux organismes extérieurs ».
Dès sa création, l’OCRA a participé activement au mouvement associatif ayant permis le classement « monument historique » de la carrière médiévale du chemin de Port-Mahon (Paris XIVème).
Cependant, cette dernière étant encore actuellement menacée en dépit de son classement, l’OCRA est membre fondateur du Collectif de Port-Mahon et de la Ferme de Montsouris regroupant 38 associations, et agit toujours activement pour obtenir la préservation de ces lieux.
En 1993, l’association a contacté l’école Jeanne d’Arc de Sèvres (92) pour lui proposer la restauration d’une carrière située sous ses locaux. Après nettoyages et détagages, le chantier effectué avec pelles et pioches a permis de remettre en état le système pré-existant de récupération et de décantation de l’eau provenant d’une source souterraine, de restaurer les hagues et de mettre en place un système d’éclairage mettant en valeur les lieux.
Forts de ces résultats, nous réfléchissons à l’élaboration d’un projet pédagogique pour les élèves des écoles des environs.

En 1995, l’OCRA est à l’origine de la vigoureuse réaction associative contre la destruction des carrières, de l’aqueduc gallo-romain et de celui du XVIIe siècle, sous la ZAC Alésia-Montsouris (Paris 14ème). L’action menée a permis de sauvegarder sur site 120 mètres de l’aqueduc de Lutèce et 133 mètres de l’aqueduc Médicis avec la chambre du regard de la ferme de la Santé. Dernièrement, l’OCRA a participé à une demande d’inscription de celui-ci à l’ISMH. Aujourd’hui, une concertation est en cours avec la mairie du 14ème pour mettre en valeur les segments d’aqueducs sauvés, ainsi que la chambre du regard.

Depuis 1998, l’association organise en collaboration avec la mairie de Fresnes (92) la visite de l’aqueduc Médicis entre les regards III et I lors d’événements tels que les journées du patrimoine et la fête de l’OH. A chacune de ces occasions, l’OCRA accueille environ 300 visiteurs.

En 1999, l’association a proposé à la mairie d’Ivry-sur-Seine (94) la restauration et la mise en valeur de silos à grain creusés dans la cave-carrière Delacroix au début du XIXe siècle. Nos bénévoles ont dégagés deux de ces silos, ce qui a nécessité de charrier plusieurs tonnes de remblais.
A la suite de ces travaux et à la demande de la mairie, l’association a assuré l’étude et la sécurisation d’un chemin de visite dans une autre carrière aménagée naguère en cave de brasserie industrielle (Brasserie Dumesnil). L’OCRA l’a fait visiter lors des journées du patrimoine de septembre 2003.

Depuis sa création, l’association organise également des visites de lieux souterrains en France et à l’étranger (carrières, refuges médiévaux, fortifications, habitations troglodytiques, etc.) et des opérations très ponctuelles comme par exemple la remontée d’une plaque commémorative historique enfouie depuis 70 ans au fond d’un puits à Rezonville (57).
Elle a aussi récemment organisé une journée de visite souterraine pour les enfants et leurs parents, avec des ateliers créatifs autour du thème de la pierre.

Enfin, l’OCRA met ses connaissances à disposition sur son site Internet et est régulièrement consultée pour apporter conseils et expertises compte tenu de l’expérience acquise.

De façon générale, l’OCRA reste vigilante pour prévenir toute atteinte au patrimoine souterrain, principalement en région parisienne.
A titre d’exemple, elle s’inquiète du sort des galeries de carrières souterraines qui courent sous le futur tracé du tramway prévu sur le boulevard des Maréchaux (XIIIème ; XIVème ; XVème arrondissements de Paris). Ces galeries sont à l’aplomb de l’ancienne route militaire et de la fortification de Thiers et comportent un grand nombre de confortations traditionnelles réalisées lors de la construction de l’enceinte commencés en 1841. Ces galeries risquent d’être fortement endommagées voire détruites si les travaux (notamment les injections de béton) sont effectués sans tenir compte d’un patrimoine souterrain d’un incontestable intérêt historique trop souvent ignoré et négligé.
L'OCRA a réalisé un relevé inventaire des galeries sous les Maréchaux comportant un millier d'éléments patrimoniaux (graffitis anciens, plaques gravées, toponymiques et de numérotation, etc...) pour alerter les responsables du chantier quant à l'intérêt historique de ces galeries. Ce document, d'environ 150 pages, est consultable sur demande faite à l'association.

Indépendante mais inspirée par l'OCRA, une autre association est née en 2001 : l'OCRA LYON. Celle-ci est présente dans plusieurs projets de défense de souterrains parmi lesquels la remise en état d'une galerie d'adduction d'eau et l'exploration d'un réservoir d'eau creusé sous un château dans l'ouest lyonnais, ou la mise en valeur d'une galerie de fusillade du fort de Vaise en plein centre de Lyon. La vocation première de l'OCRA LYON reste la connaissance grâce à des recherches d'archives, la collecte de témoignages directs et des visites de sites lorsque cela est possible, ainsi que la mise en lumière de ce patrimoine par le biais d'expositions, de vidéos ou de tout autre moyen. Les membres de l'association, ayant acquis une longue expérience dans le domaine de la préservation et de la mise en valeur des souterrains, l'OCRA LYON se veut une vitrine du monde souterrain de la région lyonnaise afin de préserver un héritage séculaire ainsi qu'une certaine tradition régionale de la subterranéologie.